samedi 17 avril 2010

L'ile de la Réunion - Jour 4 : De la baie de Saint-Paul au musée Stella

Julien : Première étape de la matinée, la visite du temple Tamoul Narassinga-Peroumal de Saint-Pierre, considéré comme le plus beau de l’ile. Nous ne savions absolument pas à quoi ressemblait ce genre de temple : installé dans un magnifique jardin, le temple arbore des couleurs vives (rose, orange, bleu, vert,…).

Après beaucoup d’hésitations les jours précédents, nous sommes retournés à Saint-Gilles-les-Bains (les distances ne sont pas très grandes sur cette petite île) pour une excursion très « touristico-touristiques » : un dauphin safari (les dauphins sont rares en Nouvelle-Calédonie contrairement à l’île de la Réunion). Au programme donc, deux heures de bateau (toujours agréable quand il fait beau et qu’il n’y a pas de houle) à la recherche des nombreux dauphins sédentaires (ou pas) nageant dans ces eaux. Après une heure de recherche nous sommes tombés sur un groupe de six dauphins qui nous ont laissé les suivre pendant l’heure suivante. Un très beau moment.





























Après cela, nous sommes partis à la recherche du Bassin des aigrettes, une des nombreuses cascades de l’ile! Située à la sortie de Saint-Gilles-les-Bains, la ballade d’une demi-heure à travers les gorges et la forêt est très jolie. La cascade est superbe. Touristes et Réunionnais viennent s’y baigner. Julie s’est mise à l’eau, très fraîche !

Nous avons ensuite visité le musée Stella (non amis belges, il ne s’agit pas du musée de la bière !) installé dans une ancienne usine de fabrication de sucre de canne en fonctionnement de 1855 à 1978. Le musée raconte l’histoire de la Réunion d’un point de vue sociologique, économique, agricole et culturel. Il est également possible d’en apprendre beaucoup sur la fabrication du sucre de canne et du rhum, vrai spécialité réunionnaise…Ne reste donc plus qu'à le goûter!

















Ensuite retour à St Pierre et ballade sur le bord de mer. Nous en avons profité pour goûter la bière locale : la bière bourbon dont l’emblème est le dodo. Le dodo était un gros oiseau incapable de voler. Il vivait notamment sur l’île de la Réunion ainsi qu’à Maurice et aux Seychelles, où il n’avait pas de prédateur. Avec la colonisation, cet oiseau très facile à attraper à beaucoup souffert de la prédation des chiens, jusqu’à l’extinction définitive de l’espèce.



La courte vidéo suivante montre les dauphins que nous avons observé baie de Saint-Paul :

vendredi 16 avril 2010

L'ile de la Réunion - Jour 3 : De Saint-Gilles-les-Bains à Saint-Pierre

Julien : Nous avons poursuivi notre route vers le sud pour nous rendre de Saint-Gilles-les-Bains à Saint-Pierre, la capitale du Sud, en passant par d’autres petites villes balnéaires : St Leu, les Avirons, Etang Salé,… les plages y sont très belles et les contrastes existant entre l’eau bleue-turquoise, le sable blanc et les roches volcaniques noires sont magnifiques. La cote ouest, abritée des vents et des pluies par le relief volcanique de l’ile, est un des seuls endroits où de petits récifs coralliens sont présents. Habitués au lagon calédonien (dont on dit qu’il est le plus grand du monde), nous ne nous sommes pas trop attardés à faire du PMT. Petite particularité de certaines plages cependant, les plages de sable noir formées à partir des roches volcaniques. Le sable y est généralement très chaud. Julie, en claquettes, s'y est d'ailleurs brulée les pieds!
















Nous sommes ensuite montés dans les Hauts par des routes sinueuses (mais en bon état) offrant de magnifiques points de vue sur la cote et l’océan. Contrairement aux villes et villages de la cote, ces villages, parfois situés à plus de 1000 m d’altitude, sont très souvent plongés, dès le début de la matinée, dans la brume et les nuages. La température y est également bien plus fraîche (jusqu’à 10°C de moins), ce qui n’était pas désagréable en cette saison chaude et humide. Nous avons pu admirer les petites maisons créoles, souvent très colorées, des villages par lesquels nous sommes passés.














Il est à noté que la culture créole découle directement de l’esclavage qui a rassemblé sur un même territoire des populations d’origines différentes, parlant des langues différentes et ayant des cultures propres. C’est ce qui s’appelle « la créolisation ». La langue créole utilise du vocabulaire français et des constructions de phrases tirées des langues africaines. Pas toujours très facile à comprendre, il s’agit d’une langue chantante et très chaleureuse.















Avec la créolisation, de nombreuses religions sont arrivées sur l’ile. En plus d’un brassage culturel important, La Réunion peut se vanter d’avoir un mélange important de religions différentes venant des quatre coins du monde et coexistant sereinement : Catholicisme, Islam, Bouddhisme, Tamoul (Hindouisme), Taoïsme et Confucianisme.

Nous avons logés à Saint-Pierre, dans la pension touristique de Papa Daya dont nous avons été très satisfaits.

Nous avons pu observer, le long du littoral peu après Saint Leu, un phénomène géologique particulier de la cote appelé « Souffleur ». Les vagues entrent dans une cavité rocheuse, mettant sous pression l’air présent dans la grotte. Celui-ci va s’échapper par l’ouverture, emportant l’eau restante sous forme de gouttes. Il est évident que plus la houle est importante, plus le phénomène est accentue.

La petite vidéo suivante montre le souffleur de Saint-Leu, le plus connu de l'ile, malheureusement peu actif en ce jour sans houle :

jeudi 15 avril 2010

L'ile de la Réunion - Jour 2 : Du piton Maïdo au musée Villèle

Julien : Nous avions prévu de nous lever tôt (5h30) afin de faire la route (dès 6h15) vers le piton Maïdo (situé dans les Hauts de Saint-Gilles, à 2203 m d’altitude). Il s’agit d’un des sites les plus visités de l’ile. En effet, la vue sur le cirque de Mafate, énorme caldeira, y est imprenable. Du belvédère, on surplombe le cirque d’environs 1500m, avec une vue plongeante sur cette région coupée du monde (il n’y a pas de route carrossable) et ses quelques villages (appelés îlets). Ces îlets, qui ne sont accessibles qu’à pied, sont ravitaillés par hélicoptère. Dès le milieu de la matinée, des nuages emplissent le cirque, gâchant la vue. Nous étions donc sur place à 7h30 et avons pu profiter de la vue magnifique, nous donnant l’impression d’être sur un balcon à observer le monde d’en haut.
















Nous sommes ensuite redescendus vers St-Gilles-les-Hauts et le village de Villèle, qui accueille un musée installé dans l’ancienne maison de grands propriétaires terriens de l’île, la famille Desbassayns. La propriété, de style colonial et datant de la fin de XVIIIe siècle, symbolise assez bien l’histoire de la colonisation de l’ile. La visite guidée nous a donc permis de découvrir le mode de vie des colons de l’époque mais aussi d’apprendre l’histoire de l’ile, à travers la colonisation et l’esclavagisme (voir le poste : Ile de la réunion - présentation).















La famille Desbassayns, richissime, a fait fortune dans l’exploitation de la canne à sucre et a meublé cette demeure de manière très luxueuse (lustre en cristal, porcelaine de chine,…). La célèbre Madame Desbassayns, propriétaire de nombreux esclaves (jusqu’à 400 en même temps) dirigeait sa propriété d’une main de fer. Son personnage reste, encore aujourd’hui, ambigu et controversé : elle appliquait, en effet, sans pitié, toutes les lois du « Code Noir », (le livre régissant les droits des prorpiétaires sur leurs esclaves). Cependant, et bien que sa cruauté envers les esclaves fugitifs était et reste encore aujourd’hui à l’origine de bien des légendes, elle avait construit sur son domaine une école, un hôpital et une chapelle pour le bien de ses esclaves.















Nous nous sommes ensuite baladés dans les hauts avant de redescendre vers Saint-Gilles-les-Bains.
Pour terminer, voici une petite vidéo du cirque de Mafate :

mardi 13 avril 2010

L'ile de la Réunion - Jour 1 : De Saint-Denis à Saint-Gilles-les-Bains

Julie : nous avons atterri à 6h, heure locale, à l’aéroport de Saint-Denis de la Réunion, soit 3h du matin, heure de Belgique. Nous étions donc un peu fatigués en ce premier jour. La première étape fût de récupérer notre voiture de location, puis de partir vers Saint-André afin de déposer une valise (afin de nous décharger un peu) chez Ginette, la conjointe d’une connaissance à mes parents. Après avoir pris le café, Ginette décide de nous accompagner faire les quelques courses nécessaires à notre séjour sur l’ile (carte SIM pour appeler les hôtels, retraits d’argent,…) et en profite pour nous montrer le centre de Saint-André.

Nous avons ensuite commencé notre visite de l’ile par la ville de Saint-Paul et son marché. Saint-Paul est une petite ville balnéaire qui accueille un marché très coloré où les étales de fruits et légumes tropicaux côtoient des vendeurs de souvenirs : vanille, paniers tressés multicolores, épices, rhums arrangés... Nous avons vite constaté que les prix des denrées alimentaires, bien que plus élevé qu’en Europe, étaient nettement plus faibles qu’en Nouvelle-Calédonie. Nous avons également appris que, à l'exception du rhum, la plupart des produits « typiques » que l’on trouvait sur le marché (vanille, épices, paniers, sculptures…) étaient fabriqués à Madagascar où la main d’œuvre ne coûte pas grand chose. Nous avons terminé la visite de Saint-Paul en se rendant au cimetière marin, où repose quelques familles importantes de l'ile.

Nous avons continué notre périple vers Saint-Gilles-les-Bains. Nous étions dans la région des plages, la région la plus touristique de l’île, où beaucoup de métropolitains se sont établis. De nombreux hôtels (parfois de luxe) y ont poussés, les surfeurs sont partout et les plages sont bien remplies en comparaison des plages désertes de Nouvelle-Calédonie. Nous avons rejoint l’hôtel de la plage, où nous avons résidé deux nuits. Bien que la région ne représente pas vraiment l’âme de l’île, en accueillant la population aisée et touristique de La Réunion, il y a plusieurs choses à voir, notamment dans les « hauts » c'est-à-dire les hauteurs de l’île. Ce sera pour demain. Un peu fatigués par le voyage, nous nous sommes couchés de bonne heure.

Le soir nous sommes allés goûter la cuisine créole au restaurant le ‘ti coq (que nous recommandons). Grâce aux bons conseils de la serveuse nous avons commandé un cari de poulet (poulet et riz accompagnés d’une sauce et de légumes locaux) ainsi qu’un rougail saucisse (saucisse cuite dans une sauce tomatée accompagnée de riz et de légumes locaux). Il y avait également des « chouchous », un légume appelé chouchoute en Nouvelle-Calédonie, que nous adorons. Les piments, accompagnant très souvent les plats créoles, sont généralement mis à part.


dimanche 11 avril 2010

L’Ile de la Réunion : présentation

Julien : Avant de vous parler de notre séjour à l'ile de La Réunion, voici une petite présentation géographique, géologique et historique de ce département français d'Outre Mer.

Géographie
L’Ile de la Réunion est située au sud-ouest de l’Océan Indien, à 800 km à l’est de Madagascar, à 9500 km de la Métropole et 11000 km de la Nouvelle-Calédonie. Elle fait partie de l’archipel des Mascareignes (avec Maurice et Rodrigues). L’île mesure près de 70 km de long pour 50 de large (217 km de circonférence) soit une superficie de 2512 km². La Réunion est une île volcanique où se trouve l’un des volcans les plus actifs du monde, le Piton de la Fournaise, culminant à 2632 m. l’Ile de la Réunion, 7 fois plus petite que la Calédonie (2500 km² contre 19 000 km²), est cependant près de 4 fois plus peuplée (800.000 habitants contre 200 000 en Nouvelle-Calédonie).

Géologie : une ile volcanique
Alors que la plupart des volcanismes existant sur Terre se trouvent à la limite entre 2 plaques tectoniques, la Réunion et l’archipel à laquelle elle est rattachée sont issus d’un volcanisme fixe situé au milieu d’une plaque. Ce phénomène à pour nom « point chaud ». A ce niveau, le magma perce la plaque sous laquelle elle se trouve à intervalle régulier. La plaque, se déplaçant au-dessus de point chaud qui lui reste fixe, celui-ci peut engendrer plusieurs volcans, et donc plusieurs iles. La Réunion, âgée de 3 millions d’années seulement, est la plus jeune des iles de l’archipel des Mascareignes créée par ce point chaud. L’ile de la Réunion repose sur le fond océanique située à 4200m de profondeur. La partie émergée ne représente donc qu’une infime partie de la quantité de lave constituant l’ile. Deux volcans majeurs constituent l’ile. Le plus vieux et inactif aujourd’hui est le piton des Neiges... Le deuxième volcan de l’ile, toujours en activité, est le piton de la Fournaise. Il s’agit d’un des volcans les plus actifs du monde dont la dernière éruption date de janvier 2010.


Suite à la vidange de ses chambres magmatiques et à l’érosion, le Piton des Neiges, sous son propre poids, s’est affaissé puis effondré sur lui-même formant des cuvettes immenses appelées caldeiras, ou cirques à la Réunion (Cirque de Mafate, Salazie et Cilaos). Ces cuvettes sont donc des dépressions très abruptes dans le paysage réunionnais, d’une vingtaine de km de largeur et dont les parois, souvent très abruptes atteignent une profondeur moyenne de 1500m.

Histoire
La Réunion, vide de présence humaine, fût probablement découverte dès le VIIe siècle par les commerçants arabes naviguant le long des côtes africaines et Madagascar où ils pratiquaient le commerce. Il faut ensuite attendre la fin du XVe siècle et la découverte du cap de « Bonne Espérance » (Afrique du Sud) et de la route des Indes pour que les Portugais la redécouvrent. Ce n’est finalement qu’à la première moitié du XVIIe siècle que les Français, s’y intéressent et y accostent. Ils nomment l’ile « l’Ile Mascarin » et se l’approprient. Nous sommes alors en 1638.

En 1642, Monsieur de Pronis, banni de Madagascar suite à une rébellion « indigène », se retrouve avec 12 de ses soldats sur l’ile Mascarin. Trois ans plus tard, Flacour, le nouveau gouverneur de Madagascar, décide d’envoyer chercher le squelette des 13 hommes et tombe alors sur 12 personnes éclatantes de santé… L’ile est donc colonisable.

Flacour rebaptise l’ile « Ile Bourbon » et commence la colonisation en y « expatriant » 13 hommes et six esclaves ainsi que des graines et un petit cheptel. La colonisation à bel et bien démarrée, et l’ile compte, en 1671, 76 habitants. Mais la France (la Compagnie des Indes) en veut plus : « Il faudrait des Noirs pour cultiver ces terre. […] On peut les tirer de Madagascar. Mais il faudrait les tenir dans la crainte, car ils pourraient se rendre maîtres de l’ile. […] Il faut que chaque Noir ait sa négresse, […] pour les marier dans l’ile. ». L’esclavagisme commence donc à se mettre en place avec l’arrivée d’Africains, de Malgaches et d’Indiens, alors que des Hollandais, Espagnols et Allemands mais aussi des femmes de France, des Indes et de Madagascar viennent s’ajouter au 269 colons que compte l’ile en 1686.

Puis, en 1715, les Français, attirés par la découverte du caféier de Moka introduit sur l’ile et l’argent facile qu’il génère, affluent par centaines… et les esclaves avec eux. En vingt ans, la population passe à 8000 habitants. L’ile atteint son âge d’or en 1735 : épices, canne à sucre, café, fruits et légumes poussent à foison… et le commerce décolle.

Les Anglais tentent alors de prendre l’ile. Ils y parviendront et la garderont 5 ans avant de la rendre aux Français. Les esclaves, mécontents de leur sort (ils sont à l’époque considéré comme des « biens meubles », des objets, appartenant à leur maître) commencent à se soulever et plusieurs révoltent éclatent. Certains partiront se réfugier dans les « hauts » (hauteurs de l’île, difficile d’accès) et les cirques (on appellera ces gens « les marrons »). En 1848, l’esclavage est enfin aboli, les 60.000 esclaves de La Réunion sont libres.
Mais qui va alors s’occuper des champs ? Les 60.000 anciens esclaves refuseront. Restent alors les « marrons », descendus des cirques de Cilaos et Salazie pour louer leurs services. Mais cela ne suffit pas. On profite alors de la filière anglaise pour importer la main-d’œuvre de Malabars, Tamil Nadu et toutes les Indes. C’est la période de « l’engagisme », des contrats de travail bidons et des conditions de vie déplorables pour les travailleurs. Malgré les salaires de misère, les « engagés » affluent, toujours plus nombreux et sont à l’origine du métissage actuel de l’île. L’économie reprend alors, La Réunion retrouve la prospérité et incarne le modèle à suivre. Mais cela changera vite. La concurrence dans la fabrication du sucre est rude. De plus, L’ouverture du canal de Suez à détourné la route des Indes par l’Arabie et, en plus des traditionnels cyclones ravageant l’ile régulièrement, une série d’épidémie est apportée d’Inde. Mais la natalité reste forte et pour palier à la crise sucrière, les Réunionnais développent vanille, manioc, les plantes à parfum, le thé et le coton. Finalement, c’est la départementalisation de l’ile, au lendemain de la seconde guerre mondiale (1946) qui va réellement remettre l’ile sur de bon rail. L’île est donc un département Français au même titre que les départements métropolitains et contrairement à la Nouvelle-Calédonie qui a un statut différent.